PHILOSOPHIE

FAIREFRANCE, le lait équitable
la marque des agriculteurs.

Pour savoir où l’on va, il faut se souvenir d’où l’on vient !

Il est donc nécessaire de remonter le temps et revenir environ dix ans en arrière pour entrevoir les prémices de FaireFrance.

En 2008 plus exactement. Le contexte ? L’année 2008 a été marquée par la chute brutale du prix de production : à cette période, le revenu des producteurs laitiers s’était effondré de 54 %.

Les producteurs, étouffés et sans recours entament des actions séparées de grèves dont la plus connue sera la grève du lait européenne, qui eut lieu du 10 au 24 septembre 2009.

Une grève qui ne fut pas tout à fait comme les autres, il ne s’agissait pas d’arrêter la production mais plutôt de cesser la livraison, les producteurs continuaient donc à traire quotidiennement mais ne fournissaient pas le lait aux laiteries.

Jean-Luc Pruvot, éleveur laitier à Parfondeval (Aisne) et Président de FAIREFRANCE SAS se souvient : « Sur cette période c’est plusieurs millions de litres de lait qui seront déversés dans le champs ! ».

Pour rappel, La grève du lait n’est pas un mode d’action nouveau pour le monde agricole. En effet, en mai 1972, les éleveurs bretons s’étaient lancés dans une grève du lait de plusieurs mois qui avait été suivie dans des départements hors de Bretagne.

Déverser sa production dans les champs ou en faire don plutôt que de la vendre à un prix qui ne permet pas de se rémunérer correctement, une action qui démontre, non sans mal, le désespoir de ces hommes et ces femmes qui travaillent tous les jours mais ne peuvent plus vivre dignement de leur métier.

Préalablement à cet évènement, l’Association des Producteurs de Lait Indépendants (APLI) est créée en décembre 2008, une association dont le but principal est une juste rémunération des producteurs en fonction des coûts de productions.

En parallèle de la grève du lait de 2009, l’APLI se rapprochera de l’European Milk Board (EMB) syndicat européen de producteurs laitiers qui défend une production laitière durable porteuse d’avenir et qui permet aux éleveurs de vivre décemment de leur travail : ce que seul peut garantir un prix du lait qui couvre les frais de la production.

La grève, bien que médiatiquement relayée, démontrera ces limites et c’est suite à de nombreuses réunions que les producteurs adhérents à l’APLI et l’EMB développent le projet de « Lait Équitable » (Fair Milk), comme vu précédemment, des organisations différentes avec un objectif commun.

Boris Gondouin, éleveur laitier dans la Meuse et président de l’APLI dira ceci :
« Pour endiguer cette situation inacceptable, il faut passer à l’action solidaire, reprendre en main la commercialisation de nos productions en intégrant le consommateur ! »

FAIREFRANCE SAS voit donc le jour en mai 2012, créé par plus de 500 éleveurs, répartis sur toute la France, l’objectif est simple : les agriculteurs entendent contribuer à sauver le secteur en trouvant des solutions durables à l’échelle nationale, ils manifestent très concrètement leur volonté de prendre eux-mêmes leur destin en main en commercialisant le lait équitable FAIREFRANCE, un lait qui leur permet d’être rémunéré en fonction des coûts de production soit : 0.45€/Litre. 

Tout d’abord il faut savoir ceci : l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM) estime le coût de production comptable moyen de lait de vache dans les exploitations spécialisées en 2016 à 0.35€/ Litre, avant rémunération des éleveurs.

Si l’on ajoute la rémunération de l’éleveur il est donc légitime de demander un prix supérieur à cette somme et il est digne et juste qu’il soit à 0.45€/Litre, surtout quand l’OFPM l’annonce comme étant : « le prix à atteindre pour rémunérer les producteurs » (à hauteur de 1,5 Smic …)

« Administrativement » : FaireFrance est une SAS (et une marque, détenue par la SAS) (créée en mai 2012) constituée de plus de 500 agriculteurs, répartis sur toute la France (Hauts-de-France, Bretagne, Pays-de-la-Loire, Normandie, Grand-Est, Nouvelle-Aquitaine) qui adhèrent à la philosophie du « lait équitable », enfin, ils ont investi de 1 000 à 5 000 euros pour devenir copropriétaire de la SAS (et donc de la marque), fait assez rare pour être souligné.

La SAS est ouverte à tous les agriculteurs de France, sous réserve d’adhérer à la philosophie…

Il y a donc un Conseil d’Administration (CA) composé d’agriculteurs qui prend les décisions pour la société en corrélation avec le Président et le Vice-Président.

Une SAS tout à fait normale à la particularité près que les agriculteurs membres du CA exercent en parallèle leur métier premier : éleveur laitier.

(Ce qui explique notamment que la société ait été créée en 2012 pour un début de commercialisation du lait en 2013 ; En effet, il a fallu tout apprendre : production, communication, logistique … Et continuer à traire les vaches matin et soir).

Petite précision enfin, il incombe à tous les associés de FaireFrance de réaliser des animations en magasins (mais nous y reviendrons).

En ce qui concerne la « logistique » : FAIREFRANCE SAS commercialise donc, au niveau national et depuis 2013 un lait demi-écrémé UHT d’origine France qui est conditionné à la Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel (LSDH) située dans le Loiret et dirigée par Emmanuel Vasseneix.

Le lait commercialisé par FaireFrance est collecté auprès des producteurs de la LSDH, dont une vingtaine sont associés à FaireFrance, il est ensuite conditionné par la LSDH conformément à un cahier des charges établit entre la LSDH et FaireFrance pour offrir au consommateur un produit de qualité.

Pour des raisons logiques, est parce que le lait est un produit fragile, tous les éleveurs associés à FaireFrance ne peuvent pas être collectés par LSDH car ils sont tout simplement trop éloignés géographiquement.

Comme dirait Adrien Lefèvre, éleveur laitier dans les Ardennes et Vice-Président de FaireFrance : « On pourrait penser qu’il s’agit là d’un inconvénient, mais c’est en fait notre force ! Grâce à FaireFrance, peu importe si l’éleveur n’est pas collecté par LSDH, il peut continuer à vendre son lait à la laiterie près de chez lui, en parallèle il va toucher une « prime d’équité » sur les litres qui sont vendus par FaireFrance ce qui lui permettra, au final, d’être rémunéré à 0.45€/Litre ! De plus, ce système permet de préserver des éleveurs sur TOUT le territoire, on préserve des savoir-faire régionaux et on évite une concentration des élevages dans un seul endroit de France ! ».

Concernant les « chiffres », depuis 2013 et jusqu’en 2017, c’est 21 millions de litres qui ont été vendus, dont plus de 9 millions rien que sur l’année 2017 !

Si vous posez la question à Sébastien Brehault, éleveur laitier en Mayenne et administrateur de FaireFrance il vous dira que : « FaireFrance est depuis 2013 le pionner du « lait équitable » en France, cela fait maintenant 5 ans que nous commercialisons un lait qui est jusqu’à présent (et preuve du contraire) celui qui rémunère le plus les agriculteurs ! Personne d’autre ne peut s’en vanter ! Et avec nos 5 ans d’expérience et l’arrivée de nouveaux produits nous démontrons que le consommateur (ou le consom’acteur comme il aime le nommer) nous a fait et nous fait toujours confiance ! Notre philosophie a été éprouvée, de surcroit, avec succès ! »

Côté consommateur donc, le lait est vendu à un prix de 0.99€/Litre (pour la brique), un prix plus élevé par rapport aux laits des grandes marques industrielles, mais que le consommateur est prêt à payer pour obtenir d’une part un produit de qualité 100% Français et d’autre part, qui permet de rémunérer le producteur ! (Mais aussi tous les acteurs de la filière !).

Coté consommateur toujours, il peut également trouver du lait équitable FaireFrance en bouteille d’un litre, en bouteille de 50 centilitres et depuis 2017 de la Crème liquide entière 30% en lot de 3 briquettes de 20 cl !

N’oublions pas les distributeurs ! Aujourd’hui, le lait équitable FaireFrance est présent dans plus de 8 000 magasins de l’hexagone.

Le rapport avec les distributeurs est d’ailleurs d’une importance capitale, une autre force de FaireFrance réside dans les animations que les agriculteurs associés organisent dans les magasins à travers tout le pays.

Richard Blanc, éleveur laitier des Hauts-de-France et administrateur de FaireFrance l’explique simplement : « Je peux vous dire que tous les agriculteurs qui participent à des actions de promotion en magasin et qui défendent le projet du « lait équitable » auprès des consommateurs repartent avec un bien meilleur moral après avoir vu l’enthousiasme des clients à soutenir la démarche. C’est même le but premier de la démarche : Impliquer le producteur à la commercialisation du lait en allant échanger avec les consommateurs comme le faisait d’ailleurs nos grands-parents et que la génération actuelle a oublié. »

Au-delà des animations dans les grandes enseignes, FaireFrance offre la possibilité aux associés de vendre leur lait équitable auprès des « petits commerces » soit les commerces de proximités de leurs villages et villes, ce n’est pas pour l’appât du gain car cette opération est quasiment nulle financièrement et lourde en taches administratives, mais l’intérêt est ailleurs…

Denis Thommerel, éleveur laitier dans l’Orne en Normandie et administrateur de FaireFrance estime que « la vente de lait FaireFrance dans les commerces de proximités n’a pas un but lucratif, il s’agit d’aider, à notre échelle, ces commerces à survivre, eux aussi se battent pour gagner leur vie, il serait injuste que seules les grandes enseignes puissent vendre nos produits ! On aide les petits commerces et eux nous aident à leur tour, c’est du gagnant/gagnant, c’est aussi ça être équitable, la même chance pour tous ! »

C’est l’avantage d’une société qui appartient aux producteurs, on peut faire des choix qui correspondent à une éthique et qui ne sont pas uniquement dictés par la finance…

Pour conclure, l’emblème de FaireFrance est représenté par une vache de couleur bleu, blanc, rouge nommée « Justine » car son lait est le plus Juste !

Les crises sanitaires, les risques liés aux pesticides et autres scandales agroalimentaires ont poussé ces dernières années le grand public à se tourner davantage vers les filières biologiques. Et le secteur du lait n’est pas en reste. En 2016, plus de 43% des conversions au bio concernaient la filière du lait*. Soit une tendance forte qui entend répondre à la demande du consommateur du bon et du sain.

Cette forte demande des consommateurs, FaireFrance l’a entendue. « Depuis nos débuts en 2013, nous avons toujours échangé avec les consommateurs, pendant les animations, sur les foires, évènements et grâce aux réseaux sociaux. Durant ces échanges, une question revenait régulièrement concernant le bio, il y avait une véritable attente des consommateurs qui souhaitaient que nous commercialisions du lait bio », explique Jean-Luc Pruvot, président de FaireFrance la marque de lait équitable qui a fait le pari de rémunérer au juste prix les agriculteurs. 

La bouteille de lait bio FaireFrance, vendue à 1.28 euros le litre, assure 55 centimes de revenu aux agriculteurs.

La conversion au bio : une tendance de fond

Pour répondre à la demande du public, la marque de lait équitable a diligenté une étude auprès des agriculteurs associés FaireFrance. Plus de 10% d’entre eux pratiquaient déjà une agriculture bio et les autres amorçaient le virage vers une agriculture plus durable et écologiquement responsable.  A l’échelle nationale, au premier semestre 2016, on pouvait recenser chaque jour 21 nouvelles fermes bio en moyenne* dans l’hexagone. La philosophie de l’agriculture biologique fait écho à la démarche du lait équitable portée par FaireFrance. Toutes deux concourent à rendre pérenne l’agriculture française en activant des leviers bons pour l’environnement, les agriculteurs mais surtout bons pour les consommateurs.

Bio mais surtout bon !

Mais au-delà des seules notions écologiques, les consommateurs recherchent surtout un produit de qualité. Le lait bio proposé par FaireFrance est notamment un lait plus riche en oméga-3, contribuant à la réduction du diabète, la prévention des maladies inflammatoires et le renforcement des fonctions immunitaires. De qualité donc mais également bon pour la santé « Les animaux sont élevés selon les règles strictes de l’agriculture biologique. Ils sont nourris avec une alimentation essentiellement composée de pâturages et de fourrages provenant presque toujours de l’exploitation elle-même. Les pesticides, engrais chimiques de synthèse et organismes génétiquement modifiés (OGM) sont interdits », insiste Jean-Luc Pruvot.  Pour répondre aux nombreuses demandes des consommateurs et continuer sur leur lignée d’agriculture responsable, c’est tout naturellement que FaireFrance a décidé de commercialiser une gamme de produits bio avec en premier lieu un lait bio demi écrémé.

FaireFrance assure une mission de préservation du tissu agricole local, du paysage Français et de la conservation des savoir-faire, en effet, le lait est un élément essentiel dans la confection de spécialités locales protégées par des AOP/AOC (notamment les fromages) et si demain il n’y a plus d’agriculteurs, l’on verra alors disparaître ces spécialités, des « races d’animaux », des professions connexes au milieu agricole mais également une part de la gastronomie Française et même notre souveraineté alimentaire !

La disparition des agriculteurs impacte fortement l’entretien du paysage Français en effet à titre d’exemple :

– En Thiérache les éleveurs retournent leurs prairies pour implanter du blé en sacrifiant au passage le jolie « bocage »,

– Du côté de Saint-Etienne, les terres agricoles vallonnées et non labourables deviennent des friches, terrain propice aux incendies.

– En montagne, quand l’herbe pousse trop, elle s’aplatie et forme un « tapis » empêchant que la neige tienne notamment sur les pistes de ski, heureusement les vaches broutent l’herbe permettant ainsi aux skieurs de profiter pleinement des plaisirs de la glisse.

FaireFrance participe donc directement à endiguer la disparition des agriculteurs Français, profession fortement impactée par le nombre d’agriculteurs qui se suicident, en effet les agriculteurs associés réalisent tous les ans plus de 1 000 animations en magasins afin de retrouver un contact humain auprès des consommateurs (environ 500 000 rencontrés chaque année) ce qui leur redonne beaucoup d’espoir !

Aujourd’hui, les ventes ne permettent pas à tous les agriculteurs associés de valoriser l’ensemble de leurs volumes à 45 centimes, mais demain, si les partenaires, les politiques publiques et surtout les consommateurs s’engagent dans la démarche FaireFrance alors tout est possible.

Les racines de FaireFrance lui donnent, avec sa participation à l’European Milk Board (cliquez “ici” pour en savoir plus sur l’EMB) , une dimension Européenne, en effet, FaireFrance participe avec l’EMB au développement du projet « lait équitable » dans des pays qui sont bien souvent les victimes d’exportations de poudre de lait.

En s’interdisant tout dumping (exporter de la poudre de lait à un prix inférieur à ce que les agriculteurs des pays importateurs seraient capables de produire) FaireFrance commercialise ses produits uniquement en France mais contribue à la création de projet qui permettent, comme avec FaireFaso, de créer une « mini-laiterie » permettant aux éleveurs laitiers du Burkina Faso de devenir autonome et de produire du lait à un prix accessible au consommateur et rémunérateur pour le producteur.

Une autre force de FaireFrance ? Certainement, même si ces actions sont peu médiatisées, l’objectif premier étant de faire bouger les choses et d’étendre le concept du « lait équitable » au-delà des frontières.

Le succès d’une initiative comme FAIREFRANCE dépend bien évidemment des consommateurs ! Les membres de FAIREFRANCE de même que les différentes organisations de consommateurs ne manquent pas de souligner que, malgré la crise qui devrait inciter à l’achat de produits étrangers à prix plus faible, le consommateur français est de plus en plus sensible à la qualité de son alimentation, à la préservation de son patrimoine national et à son environnement.

Les ménages français ont été sensibilisés à la situation difficile des agriculteurs de leur pays. Bon nombre d’entre eux ont manifestés leur soutien et se sont posés la question: “Comment ils pouvaient aider?”. La réponse s’appelle maintenant FAIREFRANCE !

1l de lait de Fairefrance =
45 cents pour les agriculteurs FaireFrance